Monomanie, trouble ou art de vivre ?

LLa monomanie est un trouble psychopathologique. Et je vais peut-être te spoiler un truc,on a toutes et tous des troubles psychopathologiques qui sont plus ou moins développés et déclenchés selon les évènements de nos vies. “Tout le monde est fou” comme dirai le chat dans Alice au pays des merveilles. Personne, je dis bien PERSONNE ne sort d’une analyse psy ou comportementale sans une Guest List des troubles de la personnalité et des schémas limitants présents dans sa psyché.

Vois tes différents troubles et schémas venant teinter ton comportement comme des gens à une soirée dans ta maison. Et ne crois pas que c’est un petit apéro dînatoire. Vois ça comme une bonne grosse night ou y’a même (et surtout) des gens que tu ne connais pas. C’est comme partout, t’as des invités discrets et des invités bruyants, ceux qui arrivent plus tard, ceux qui se pointeront jamais et celui qui parait calme mais qui pète un plomb passé le verre de trop.

Puis au fil de ta vie, avec de l’auto-observation, de l’accompagnement et tes expériences, tu as les moyens de devenir BFF avec tous tes invités, de capter comment les amadouer et les calmer. A terme, tu pourras même les utiliser à ton avantage pour ranger le bordel après la night, et on sait le bordel dont il faut s’occuper !

Tu l’auras compris, la monomanie fait partie de mes invités apprivoisés. Clairement, ça s’est toujours manifesté de façon discrète et non-pathologique chez moi, c’est une tendance, une façon de fonctionner. Si tu ne sais pas comment fonctionne une monomanie chill, je vais t’expliquer.

C’est très visible chez les enfants, ils vont avoir une période dinosaure, et ils ne parleront que de ça, voudront des figurines, des livres et voir des dessins animés de dinosaures. C’est l’ère du dino’. Puis vient l’ère de la reine des neige, y’en a plus que pour Elsa et encore une fois, les dinosaures ont disparus en laissant une montagne de plastique. Et pas question de reparler des dino’, on est passé à autre chose et c’est comme ça, une monomanie chassant l’autre.

Le problème, c’est que passé un certain âge, tes parents et ton entourage trouvent ça vachement moins mignon que tu changes tout le temps de cap, d’envie, d’activité ou d’école. Et ça, j’en suis une spécialiste. Pendant longtemps on m’a fait croire que ce fonctionnement n’étais “pas bien”, que c’était ne pas aller jusqu’au bout des choses, être démissionnaire, pas fiable et même instable. Ce trait déjà très présent chez moi n’a fait que s’accentuer au fil des années. Bon ok, je l’ai peut-être bloqué pendant 6-7 ans dans ma vingtaine. C’est que le conditionnement collectif avait un peu fait son taf. J’avais choisi une voie, je devais y rester engagée, j’avais investi du temps dans mes études, créé une vie, un réseau social, une identité à laquelle il fallait me conformer. Aller jusqu’au bout.

Mais c’est quoi le bout ? Passer toute une vie dans le même domaine ? Devenir spécialiste d’un seul sujet ? Absolument passer 10 ans dans le même sport ? Choisir une carrière et s’y conformer jusqu’à la Sainte retraite ?

A force de me prendre mon absence de jusquauboutisme dans la tronche par mes proches et de me questionner à ce sujet, j’ai fini par comprendre quelque chose d’essentiel : MON bout n’est pas votre bout. Je n’ai jamais eu besoin de passer 10 ans sur un sujet pour en atteindre le bout. Et j’en ai jamais eu l’envie. Je me suis alors auto-proclamée Exploratrice du tout et spécialiste Phd du rien. En vrai, ça ferait une super bio LinkedIn.

J’ai réalisé que mon fonctionnement n’a pas à être celui que les autres attendent de moi et ça a été puissant. La liberté d’étudier une discipline pendant une année, de la pratiquer à fond, d’en être diplômée pour finalement me dire “bof, finalement ça m’intéresse pas d’offrir ce service” c’est priceless (ça n’a pas de prix). Avec ce genre de sortie, t’as la team jusqu’au-boutiste autours de toi en PLS par ce que “Quoi, t’as investi tout ce temps et cet argent et tu ne vas pas rentabiliser ?”. T’inquiète pas Picsou que tout ça est rentabilisé au centuple par le savoir et les connaissances acquises, par le développement et l’évolution que ça aura stimulé en moi, mais pas seulement. Cette discipline étudiée est désormais au service de ma médecine et de toutes mes autres pratiques. Et c’est ancré en moi, c’est une richesse que j’emmènerai désormais toujours partout avec moi et qui jamais ne me sera retirée.

La monomanie, c’est ma façon d’appréhender les nouveaux sujets arrivant dans ma vie. Alors oui, pendant 6 mois je vais me passionner pour le Soufisme, et les 6 mois d’après seront consacrés à Spinoza et les 3 mois suivant à la pole dance, puis je passerai quelques temps sur l’enseignement Essenien pour switcher sur la permaculture biodynamique en passant par l’Alchimie, le portugais et quelques notions de physique quantique. T’imagine le nombre de sujets, de courants philosophiques, de traditions, de connaissances et de savoir que je couvre en une année ? Alors oui, parfois ça ne me rend pas service d’avoir autant de connaissances, je t’en parle plus en détail dans cet article. Mais passer d’un enseignement à l’autre, d’une expérience à l’autre comme on change de tenue, c’est ça mon kiff, c’est ça qui me permet de créer des liens, des ponts et des analogies me permettant de saisir toujours mieux ce qui m’entoure et mon existence. C’est bien entendu aussi ce qui me permet de partager avec toi, mes consultants et mes rencontres tant de petites clefs de conscience reçues des 4 coins du monde et de toutes les époques.

Ma monomanie, c’est un cadeau, c’est un de mes super-pouvoirs.

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