Etats modifiés de conscience, Chamans, Psy et Divin timing

J’attendais ce weekend avec impatience, et je n’ai pas été déçue. Le colloque d’ethnomédecine du MEG de Genève. Entre conférences et ateliers pratiques, Chamans et Psychiatres étaient réunis pour discuter états modifiés de conscience, médecine ancestrales, psyché humaine, thérapie et substances enthéogènes. Durant ces deux jours, j’ai eu la chance d’écouter de brillants esprits, mais surtout de constater à quel point le pont entre médecins modernes et guérisseurs ancestraux s’élargit et se solidifie. J’ai pu sentir les structures de beaucoup de personnes de l’assistance vaciller à plusieurs reprises, mes frères et soeurs moldus entr'apercevant le plus grand plan grâce à la vision de leurs pairs médecins reconnus, courageux aventuriers des médecines psychédéliques dans un monde encore gouverné par des forces contraires à ce genre de pratiques. Et puis, c’est toujours fun de voir des cartésiens partir en transe au son du tambour chamanique.

D’ailleurs, chaman est une facilité de langage pour désigner un rôle, un statut une fonction essentielle dans le quotidien d’une tribu ou d’une lignée spirituelle. Chaman est un mot venant des lointaines contrées de Sibérie et qui signifie celui qui sait et la bougie dans l’obscurité. Pourtant, il a son propre nom dans chaque culture. Curandero chez les Shipibo au Pérou, Paje chez les Huni Kuin et Yawanawa au Brésil, Völva chez les Samis en Laponie, Mu en Corée, Itako au Japon. Et plus proche de chez nous, en Europe occidentale ? Je pense que ce sont les Druides.

Concrètement, je n’ai rien appris de nouveau durant ce colloque. J’ai entendu ce que je savais déjà dans d’autres termes, tantôt plus scientifiques, tantôt plus spirituels. C’est que je m’intéresse beaucoup aux thérapies psychédéliques et que je pratique le chamanisme depuis plusieurs années déjà. Mais j’y ai quand même trouvé quelque chose de précieux, un sentiment de confiance renouvelé et jusqu’ici inégalé de la justesse de mon parcours, de cette envie de partager une manière ancestrale modernisée de guérir exempt de toute appropriation culturelle. Et puis j’y ai découvert la FSS.

La Fondation for Shamanic Studies, fondée par l’anthropologue Michael Harner dans le but d’étudier, d’enseigner et de préserver le chamanisme. En quelques mots, ce Monsieur est allé étudier chez nombre de peuples premiers pratiquant une forme de chamanisme et en a “extrait” l’essence, les invariables. Car si des milliers de kilomètres séparent ces peuples qui n’avaient jamais eu contact, on retrouve pourtant bien des similitudes dans leurs symboles et rituels. Enfin, avec l’accord des peuples premiers par lesquels il a été initié, il a développé le Core Shamanism, un enseignement regroupant ces invariables autours de différentes pratiques telles que le voyage au tambour ou l’extraction/recouvrement d’âme. Car si les chamans au sens ancestral du terme sont des élus, des leader spirituels responsables de la survie de leur tribu, absolument tout le monde peut pratiquer le chamanisme et apprendre à naviguer dans les mondes subtils.

Ce qui est drôle, c’est que je suis tombée sur leur site internet au début de mon chemin, quand j’avais ressentis l’appel mais pas encore trouvé de Sensei, et qu’en le parcourant, j’avais trouvé ça nul, vide, comme si on présentait une version fade et sans couleur de ce que je me faisait à cette époque du chamanisme. Durant la conférence de Omar Osman, enseignant FSS en Suisse, je file checker leur site internet, qui n’a absolument pas bougé depuis ma dernière visite, même la photo de Omar, qui est d’ailleurs totalement métamorphosé par rapport à celle-ci, est la même. J’étais hébétée. Comment avais-je pu si mal capter l’énergie de cette fondation et de ce Monsieur ? J’avais été tellement à côté de la plaque. Pourtant, Michael Harner est un grand nom lorsque l’on s’intéresse à l’anthropologie et au chamanisme, et je suis passée totalement à côté. C’est comme si tu t’intéresse au foot et tu connais pas CR7.

Alors comment ai-je pu passer à coté du CR7 de l’anthropologie ? La réponse était simple, ce n’était pas le moment. On dit souvent que le timing est Divin et qu’il y a un temps pour tout, et je pense que cette expérience en est la preuve. Si j’avais connu le Core Shamanisme et le travail de Harner, je n’aurai peut-être pas été expérimenter la vie en forêt et les initiations chez les Shipibo ou avec les Yawanawa. Bah oui, pourquoi aller au bout du monde se perdre en Amazonie a boire des trucs chelou quand on peut apprendre confortablement en Valais au son du tambour ? Réponse, j’en avais besoin. Il était nécessaire pour mon parcours de rejeter dans un premier temps la version épurée des pratiques chamaniques et de me plonger aux racines de cet art ancestral tout en nourrissant mon besoin d’aventure et de reconnexion à la nature.

Dans les années 60-70 déjà, les thérapies psychédéliques étaient étudiées et développées, par le monde scientifique, puis tout s’est brusquement arrêté suite à de légers mouvements géopolitiques. Là aussi, il aura fallut à la science quelques temps afin de pouvoir jeter un regard plus évolué sur les psyché et donner un nouveau souffle à ces recherches et thérapies. Le Divin timing est arrivé pour la médecine moderne et les médecines ancestrale.

Enfin, le dernier cadeau de ce weekend fut de revoir un Monsieur d’une septantaine d’années que j’avais accompagné au cours de plusieurs cérémonies l’année passée et dont je n’avais pas eu de nouvelles. Il était léger et lumineux et m’a dit être heureux de profiter de sa retraite et du peu de temps qu’il lui reste. Il ne sait pas qu’il lui reste encore de nombreuses années à vivre, je sens chez lui une grande force de vie et il est sincèrement joyeux. Notre embrassade m’a réchauffé le coeur. L’expérience de ce Monsieur est une preuve de plus du bienfait des thérapies psychédéliques, même si dans son cas, c’est une guérison ritualisée à l’ancienne, avec l’aide de la Madrecita qui l’a conduit à retrouver son harmonie psychique et physique.

De la Confiance, en moi, en mon parcours et en l’avenir, un nouvel enseignement et beaucoup de lumière sont ce que je rapporte de ce weekend au Musée d’ethnographie de Genève. Je suis rassurée de voir l’intérêt grandissant de la médecine moderne pour les états modifiés de conscience et la sagesse ancestrale gardée par les traditions millénaires des différentes pratiques chamaniques présentes autours du monde.

Précédent
Précédent

Ombre, lumière et discernement

Suivant
Suivant

UNspiration