L’Ayahuasca et moi, final

Welcome et bienvenue sur ce dernier article consacré à mon enseignement avec la madrecita. Je pourrai en écrire encore une dizaine, mais je pense que l’essentiel de ce que je souhaitais partager est réunis dans ces 6 articles.

Tu trouveras dans ces dernières lignes la fin de mon voyage au Brésil, le partage de ma dernière cérémonie qui fut la plus belle de ces 3 années ainsi qu’une révélation en relation avec cet apprentissage que j’ai reçue il y a quelque jours. J’y aborde un concept que je n’avais pas encore partagé dans ce blog, celui de la 5D. C’est un sujet complexe et je t’invite à t’y intéressé armé de ton meilleur discernement car il y a beaucoup de bullshit à ce sujet.

Reprenons le fil de mon histoire, nous sommes donc en fuite du club med ayahuasca en direction de Rio Branco. Je te rappelle ici que l’endroit n’est pas touristique, il y a littéralement 0 hôtel dans la région.

Tu te souviens peut-être que mon ami était déjà sur place depuis plusieurs semaines lorsque je les ai rejoins. Durant ce temps, il a rencontré une femme possédant un centre de retraite lié aux Yawanawa (une tribu indigène). C’est cette femme qui nous a accueilli pour le reste de notre séjour dans le Acre.

Pendant plusieurs semaines, nous avons été les seuls occupants de ce lieux magnifique qui venait à peine de réouvrir après qu’une grosse montée des eaux ait fait débordé la rivière et inondant toute la ville. De temps en temps, un voyageur passait pour une nuit avant de repartir pour la Forêt, mais basiquement, ce lieu était le nôtre.

Le troisième ou quatrième jour, notre hôte nous informe qu’un Pajé (le leader spirituel dans un village) du peuple Yawanawa vient passer la nuit et qu’il va certainement donner une cérémonie à cette occasion. Ce qui était marrant, c’est que ce jour-là, nous avions décidé mon ami et moi de faire un grand feu et nous étions assis auprès de lui lorsqu’elle est venue nous annoncer la nouvelle. Ce grand feu à d’ailleurs été utilisé pour notre cérémonie, chauffer le sepa (encens local issu d’un arbre sacré) et pour les prières du Pajé. C’est fou quand j’y repense, on a juste eu envie de faire un grand feu et il a fini par servir pour une cérémonie imprévue. Et là, petite cerise cosmique sur le gâteau universelle, notre hôte nous annonce qu’à cette cérémonie, il y aura d’autre gens, mais que nous seront-là en tant qu’invités et amis (capte par-là que ça à été offert). Magique.

C’est donc enjouée, heureuse, bénie même, que j’enfile ENFIN ma robe de cérémonie péruvienne. J’arrive dans le cercle et nous sommes une petite dizaine. Contrairement au Pérou, ici on ne s’habille pas en blanc pour une cérémonie. C’est très coloré, du jaune, du orange, du bleu, des plumes, des jupes, des nombrils à l’air. Et notre Pajé porte une magnifique coiffe de plumes jaunes et rouges et des peintures sur le visage, entouré de sa femme et de sa soeur, elles aussi en robe colorées et arborant d’autres symboles sur le visage. Autours d’eux, des tam-tams et des guitares, la médecine et un petit autel très simple, un tepi, du rapé et une bougie.

Et zé parti, ça commence. L’ambiance est légère et joyeuse.

Déjà, musicalement, ça n’a rien à voir avec ce que j’ai connu. Chez les shipibos, pas de musique, on te chante des icaros et ça ressemble à ça. A Genève, c’était guitare ou tam-tam avec un peu de chant. Ici, c’est un vrai concert, la voix puissante de ces deux femmes et du Pajé mêlées à la guitare et au tam-tam, c’était d’une beauté, d’une puissance, une merveille incomparable.

Je peux scinder cette cérémonie en deux parties bien distinctes, celle du travail et celle de la rétribution, du cadeau.

Durant la première partie, je me retrouve en face de beaucoup de femmes, les unes après les autres. Ça défile, femme après femme, d’abord les femmes de ma famille, ma mère, mes grand-mères et d’autres femmes que je ne connais pas. Puis ma famille laisse place à de grands archétypes féminins parmi lesquelles les images les plus imprégnées dans ma mémoire sont celles d’Athena, déesse de la sagesse, de la nature sauvage et des arts de la guerre et Frida Kahlo, peintre mexicaine m’ayant toujours beaucoup inspiré. A un moment, j’ai vu toutes ces femmes fusionner, les archétypes et celles de ma famille, en une seule et même entité venue me rappeler d’où je viens, ce qui m’a précédé. Toutes ces femmes sont venues comme me “rendre” mon héritage. Je pleurais devant tant de force, de sagesse et de beauté. Elles sont venues me rappeler à quel point nous sommes prompts à clamer nos traumas et mémoires transgénérationnelles corrompues en faisant totalement l’impasse sur nos victoires, nos acquis, nos dons et notre sagesse intrinsèque.

J’ai commencé à ressentir ces douleurs, cet inconfort que je commence à bien connaitre et qui me fait savoir que je suis au coeur du travail, au coeur de chaque micro trauma présent dans chacune de mes cellules. Sur le coup, ça me plie en deux.

Mais pour une fois je ne suis pas seule dans ce process, je suis vraiment bien accompagnée par cette entité qui me murmure des phrases douces comme “garde ta colonne bien droite pendant que je travaille mon enfant” ou “respire et courage, j’en ai bientôt terminé”. Un peu comme une maman qui démêle les cheveux de sa fille avec amour et patience.

Puis l’entité s’est approchée de moi, une merveilleuse couronne à la main et l’a (re)mise sur ma tête avec ces mots “You’re a Queen, take no bullshit”.

Oui, c’est étrange, la plante communique avec moi en anglais ou en français. Il est même arrivé, lorsque j’étais au service, qu’elle me communique en portugais que je comprenais. Je ne sais pas expliquer ça, c’est comme ça c’est tout. D’ailleurs dans ma vie de tous les jours, lorsque je capte des infos, c’est parfois en anglais.

La seconde partie de la cérémonie fut comme un rêve. Je crois que j’ai vécu ce pour quoi l’Aya est majoritairement connue, mais que je n’avais jamais expérimenté jusque là. Les fameuses visions de motifs géométriques lumineux.

Ce qui est beau, c’est que j’ai aujourd’hui les mots pour tenter de te partager ce que j’ai pu voir. Des motifs géométriques magnifique imbriqués les uns aux autres dans un kaléidoscope infini, vibrant et bougeant au rythme des sons de la musique de nos hôtes Yawanawa. Je me souviens majoritairement de rose, de vert et de bleu clair.

Ces couleurs ne sont pas celles que nos yeux physiques peuvent percevoir, elle sont comme vivantes, lumineuses depuis l’intérieur. La référence matérielle la plus proche que j’ai à t’offrir est celle du brush néon que tu trouves dans les oeuvres numériques crées sur tablette. Ce qui était différent des autres visions que j’avais pu avoir en cérémonie, c’est que là, lorsque j’ouvrais les yeux, les symboles restaient visibles, comme faisant partie de l’espace aussi réellement et matériellement que moi et les autres participants. Bien entendu, j’avais conscience qu’une fois la cérémonie terminée je ne les verrai plus. J’ai l’intime conviction d’avoir simplement “vu” la musique qui était jouée à ce moment là, comme si c’était un sens naturel. C’était magique, magnifique, merveilleux. C’est sur cette vision que mon travail avec la médecine s’est terminé.

Le Pajé que nous avons rencontrés est un leader moderne, avec sa page insta et ses voyages à travers l’Europe pour parler, chanter, partager la voix des peuples premiers en occident. Ce Pajé, c’était Shaneihu, Yawanawa originaire du village Yawarani. Je t’invite à aller voir son travail et sa musique. Il fait partie de ces indigènes oeuvrant à créer un pont entre l’Amazonie et l’Occident. La Pachamama sait à quel point nous avons besoin d’eux pour retrouver nos racines.

Ça ne veut pas dire que c’est le taff de tout le monde de reconnecter avec l’Amazonie, ne me fait pas dire ce que je n’ai pas dit. Par contre, imagine à quel point le fait de m’harmoniser à cette sagesse à eu un impacte sur moi et donc sur mon entourage ainsi que toutes les personnes que je rencontre depuis… Mindfuck non ?

Après cette cérémonie, nous avons cherché à trouver d’autres endroits pour continuer nos études de la médecine, nous avons même eu plusieurs opportunités, mais à chaque fois, il y avait quelque chose qui ne jouait pas, c’était trop cher, trop loins ou trop pas une bonne vibe.

Un soir, on s’est retrouvé à la Barquinha, une église utilisant l’Ayahuasca dans ses sacrements. Franchement, c’était affreux. Lorsque j’arrive, je m’aperçois qu’hommes et femmes sont séparés par une table dressée comme pour un repas de luxe, full nourriture, couverts en or, petite dentèle, fleurs factices poussiéreuses et images de la Vierge.

Là, ça commence déjà mal car j’ai dans l’idée que si t’as besoin de séparer les femmes et les hommes dans tes célébrations, culte et rituels dans un soucis de “pureté” c’est qu’il y a un problème et je considère ça comme une religion désuète de l’ancien monde. Dans ma vision, l’homme et la femme doivent pouvoir travailler main dans la main ensemble, il n’y a que comme ça qu’on va pouvoir y arriver. Ce n’est que mon point de vue.

La cérémonie fut d’une lourdeur mortelle, tout ce que je ressentais était “mais qu’est-ce que je suis venue foutre ici?”. J’y suis pourtant allée le coeur ouvert bien que je sois restée fâchée longtemps avec les religions issues du christianisme avant de comprendre leur fondement et leur message universel. Ça s’est surtout calmé lorsque j’ai capté la façon dont ça a été récupérer pour diriger les masses. C’est d’ailleurs là que je pose ma distinction, religion = outil de contrôle, Foi = expansion de la spiritualité. Si tu es dans la Foi, peu importe ta religion et ses origines, on pourra discuter le coeur ouvert parce qu’on parlera de la même chose.

Je crois que c’est pour ça que ça n’a pas fonctionné cette soirée, car cette église était reliée à la religion et non à la Foi, malgré la présence de la Madrecita. Tant la vibe que les textes partagés et les musiques jouées sonnaient faux.

En plus je me suis fait reprendre agressivement par une bigotte installée derrière moi parce que j’ai eu l’audace de croiser mes jambes. Diantre, pauvre pécheresse que je suis ! Ce blabla bien-pensant m’est insupportable alors à la pause, j’informe mon ami que j’attendrai la fin de l’office à l’extérieur étant donné que je ne pouvais pas rentrer seule (Brésil, 23h passées, une gringa, t’as capté).

Et là, miracle, on se rend compte que c’est pas une pause mais que c’est terminé. On avait été mal informés, ce n’était pas une grande célébration de 4h mais une petite office de 2h. AMEN, MERCI SEIGNEUR, retour à la maison, loin de ces bénits-oui-oui.

Mon dernier contact matériel avec la Madrecita fut la veille de mon départ du Brésil. Nous avons passé les deux derniers jours chez la femme qui nous avait accueillie avant de partir en Forêt. Dans son jardin, il y avait une magnifique liane d’Ayahuasca. J’étais entrain de fumer une cigarette sur une chaise posée juste devant, sans vraiment me soucié de sa présence.

Quand tout à coup, j’ai ressenti dans mon corps la force monter, comme si j’étais en cérémonie. Je laisse faire et je ressent profondément que le travail avec elle est terminé. Elle m’explique ensuite que désormais, elle serai toujours avec/en moi et que je n’ai pas besoin de la consommer pour faire appel à sa force. Petite larme à ce moment. Elle m’a autorisé a prélevé une feuille qui a séché et reste depuis entre deux pages de mon journal.

Pour terminer, j’aimerai te partager une chose que beaucoup de personnes travaillant avec ce genre de médecine n’a pas encore compris. Je l’ai moi-même capté il y a seulement quelques jours. L’Aya, ou toute autre médecine enthéogène, n'est pas faite pour rester dans ta vie sur le long terme. Lorsque tu travailles avec ces substance, tu es plongé dans une fréquence supérieure qui est un enseignement, et c’est souvent cet enseignement qui est mal compris et qui se transforme en piège.

Les gens deviennent accros à cette fréquence, et selon moi, c’est normal car c’est dans cette fréquence, cette dimension que toute notre Humanité est censée vibrer. Ce niveau de vibration est celui vers lequel nous nous dirigeons collectivement, la fameuse 5D ou cinquième dimension.

Le problème, c’est que tu te retrouves propulsé dans ces énergies hyper hautes les jours voir semaines suivant ta cérémonie. La vie flow, tu rayonnes de mille feu, tu joues à saute-mouton avec les fréquences plus basses, tu es très facilement dans ta “méta-conscience” celle qui te permets d’observer d’au-dessus tes échanges, tes réactions et les émotions qui te traversent et de maîtriser tout ça. Mais voilà, quelques temps après c’est la dégringolade, tu retrouves ta vibe initiale d’avant cérémonie et tout redevient gris.

Le monde te semble sombre, tu ne supportes plus tes semblables tellement ils sont inconscient et déconnectés, la politique te révolte, l’Humanité te dégoute et peut-être même que t’as recommencé à lire le 20minutes. Et tu te demandes ce que tu fou ici, pourquoi on t’as donné une conscience un poil plus élevée si c’est pour en souffrir. Et là je ne te parle que d’une personne qui a fait une cérémonie. Pour celles qui choisissent l’expérience en forêt, en immersion, le gouffre n’en est que plus profond. Souvent, c’est là que tu vas te dire “oh, je ressens l’appel de la Madrecita” il faut que je retourne travailler avec.

Ce qu’on ressent à ce moment, ne serait-ce pas une crise de manque ? Attention, je ne parle pas ici d’un manque de substance, mais d’un manque de retrouver cette vibration haute, ce “high” offert par la médecine. Tu es dans la spirale du perché qui court de sauvetage en sauvetage sans intégration, et tu risque d’y rester un moment si tu captes pas une bonne fois pour toute que TOUT est en toi et que l’extérieur n’est pas là pour te donner, mais pour t’inspirer à sortir ce que tu porte déjà l’intérieur.

Alors pourquoi ? J’ai mis un moment à le comprendre, et la vérité, c’est que je l’ai compris assez récemment, bien après avoir terminé mes études avec la médecine: La plante est là pour t’enseigner sa fréquence, elle te la partage, t’immerge en elle pour qu’à terme, tu sois capable de TOI-MÊME générer cette fréquence. Car cette dimension, cette énergie, elle a toujours été en toi et tu as toujours eu en toi la capacité de la générer, mais tu as tout oublié, jusqu’à son existence même.

C’est pour ça que certaines personnes restent coincées dans ce loop de “je prends ma médecine, je suis a fond, je déprime, je repars, je prends ma médecine, je suis à fond, je déprime etc.” Car ils n’ont pas capté que cette puissance n’est pas séparée d’eux et qu’ils sont capable de rester dans cette fréquence par eux-même, d’en sortir et d’y retourner à volonté. Les substances enthéogènes n’ont jamais été mises sur notre route pour nous accompagner tout le reste du voyage, mais pour nous montrer, nous enseigner, et nous laisser continuer notre chemin riche de leurs enseignements.

Ce phénomène n’est pas réservé aux médecines enthéogènes. Je le vois dans toutes les lignes spirituelles, tous les accompagnements proposés aux 4 coins du mondes, toutes les pratiques. Que ce soit les 10 jours en Vipassana, la retraite en Grèce avec les Esseniens, les aller-retours dans un Ashram en Inde, le stage chamanique, les samedi en cérémonie cacao ou la retraite dans le Sahara. Toutes ces propositions sont merveilleuses et je t’invite à aller les vivre, ce sont des expériences sacrées. Mais si une fois le séjour terminé tu n’es pas capable de maintenir ta fréquence, ta joie et ta Foi en dehors de ces espaces, c’est que la leçon n’a pas été intégrée et tu reste alors dépendant des conditions extérieures.

Cette fameuse 5D n’a jamais été un endroit matériel, certains pensent qu’ils vont se réveiller un jour dans un paradis fleuri, ou encore que des galactiques vont venir nous imposer ce changement pour nous sauver de la méchante 3D. SPOILER ALERT, la 5D c’est un espace EN TOI, c’est un état d’Être, de fréquence que tu dois toi-même nourrir et développer. Comme avec l’Ayahuasca, on va pouvoir te montrer, te faire sentir et même te faire expérimenter, toujours pour t’enseigner et t’accompagner. Mais personne, je dis bien PERSONNE, aucun Être, matériel ou spirituel ne peux faire ce pas-sage à ta place.

Voilà, nous touchons à la fin de cette série d’article. Ça a été beau de me replonger dans mes souvenirs et mon journal pour te relater mes aventures. ça a aussi été très challengeant de me lancer à partager tout ça. J’ai à maintes reprises rédigé des paragraphes que j’ai supprimé post-relecture parce que “je peux pas partager ça, c’est trop perché” mais que j’ai quand même fini par publier car au final, c’est mon expérience, mon histoire et que si tu lis ces lignes, c’est pas un hasard, c’est que t’es prêt(e) a venir jouer dans cette dimension. Et même si quelques clones finissent par tomber sur ses lignes et me taxer de folle, c’est ok. On est tous le perché de quelqu’un et c’est une position que j’ai appris a affectionner.

J’ai une gratitude infinie pour tout cet enseignement, la Madrecita, les personnes qui m’ont accompagnées et celles que j’ai eu la chance d’accompagner, les esprits rencontrés, les paysages traversés, les clefs reçues et les défis relevées. C’est un grand chapitre de mon évolution désormais clôturé, mais qui continuera pour toujours de teinter mon chemin.

Je te remercie pour ta présence, et j’espère que ces quelques articles ont pu t’éclairer, te rassurer, te décider et t’informer sur ce que c’est de faire un bout de chemin dans les règles de l’Art en compagnie l’Ayahuasca.

Enfin, je prends le temps de remercier chaleureusement les personnes qui me font un retour après avoir lu mes articles, j’apprécie beaucoup de vous lire et de pouvoir éclairer les questionnements que mes lignes peuvent soulever.

A tout bientôt pour de nouvelles aventures !

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