La PGC

Salut à toi !

Aujourd’hui, j’ai décidé de te parler de cette nouvelle corde à mon arc, la psychogénéalogie comportementale, abrégée PGC.

Cette méthode, aussi appelée biogénéalogie, est selon moi l’enfant de deux disciplines qui me sont chères: L’épigénétique et la psychothérapie. Ce combo est un rayon-laser lorsqu’il s’agit de venir débunker tes mémoires transgénérationnelles et schémas limitants.

Si t’es novice dans le domaine, laisse-moi t’expliquer.

L’épigénétique est l’étude de la modulation de l’expression des gènes. A savoir que deux gènes identiques ne s’exprimeront pas de la même façon selon l’environnement du sujet étudié. Par exemple, le cochon. Bien avant d’être un animal de ferme, il vivait dans les forêts et possédait un épais pelage qui était nécessaire à sa survie. Arrivé bien au chaud dans nos exploitations, à l’abris du vent et des caprices météo, le cochon a fini par perdre ses poils. Pas exactement. Ses gènes ont arrêté d’exprimer le poil dru et épais de la survie pour n’exprimer qu’un fin duvet presque transparent.

Si maintenant tu prends ce même cochon fermier et que tu le relâche dans la nature, qu’il se remet à interagir avec la vie à l’extérieur, le vent, la pluie, les prédateurs, bref, la survie, ses gènes vont se remettre à exprimer cette nécessité de porter un poil épais. Au fil de son retour à la vie sauvage, son pelage va s’épaissir. Et dès la prochaine génération, les porcelets naîtront directement avec le pelage vie sauvage. Ça, c’est de l’adaptation épigénétique.

Tu penses bien que ces adaptations ne sont pas réservées aux cochons ou au système pileux. Nous aussi sommes soumis à ces adaptations, surtout au niveau comportemental. Notre environnement, mais aussi nos épreuves et surtout notre ressentis face à celles-ci, vont déterminer de quelle façon le gène et le comportement vont se moduler.

Le transgénérationnel, ou mémoires transgénérationnelles est l’ensemble de l’héritage énergétique mémoriel transmis par son arbre généalogique, ses ancêtres. Ces mémoires se manifestent de nombreuses façons différentes, blocages, peurs irrationnelles, auto-sabotage, schémas répétitifs limitants, phobies, angoisses, émotions, pathologies mais aussi dans le vocabulaire utilisé, la façon de se tenir, la profession exercée et même jusque dans tes noms et prénoms.

Car c’est ça la beauté et la force de la psychogénéalogie comportementale, avoir compilé un ensemble de “marqueurs” généalogiques et comportementaux pouvant être reliés à tout type de trauma survenu dans une lignée. Ce sont tes propres red flag. C’est comme si le Grand architecte avait laissé un plan de route, des indices, des petits post-it tout le long de ton arbre généalogique pour que tu puisse y plonger et travailler à raffiner ce que tes ancêtres ont laissé en plan ou galéré à transcender. Bon, même si je me comprends en me relisant, je capte que ça peut paraître un peu flou, alors je te donne un exemple bien concret issu de ma propre vie:

Depuis toujours j’adore que l’on me caresse les cheveux, les papouilles de crâne, les caresses sur le cuir chevelu. Mais il y a une personne au monde qui pendant des années n’a pas pu me toucher les cheveux. Je parle précisément des cheveux et pas du crâne. C’est ma Maman. C’était comme si à chaque fois qu’elle me touchait les cheveux, que ce soit pour me coiffer quand j’étais enfant, ou pour m’aider à lisser l’arrière des cheveux ado, ça me provoquait toujours une sensation hyper désagréable, presque électrique. C’est comme si subitement, au contact de ma Maman, mes cheveux devenaient hypersensibles, ça faisait mal, une sensation insupportable qui te donne envie de te secouer et de partir loin.

Un jour, alors que je suis en cours d’anatomie et que l’on discute épigénétique, je raconte cette anecdote et ma prof me balance juste une petite phrase, “la chevelure, c’est la féminité”, qui me fait reconnecter à une vieille histoire de famille:

Ma Maman est originaire d’Italie, mes grands-parents ont donc la mentalité bien bledarde de ceux qui ont peur du “qu’en dira-t-on”, de ce qui se dit au village et des gossip au café du coin. C’est sans jugement que je dis ça, c’est pour planter le contexte familial qui résonnera peut-être chez toi. C’est l’été et comme chaque année, toute la famille est en vacances au bled. Ma Maman, jeune fille dans la fleur de l’âge commence à éveiller l’intérêt des garçons. En plus elle vit en Suisse, alors autant dire que les cousines bledardes sont un peu laissées sur le côté par ces Messieurs. L’une d’elle, sans doute par jalousie, décide d’aller raconter à ma grand-mère que des rumeurs circulent sur ma Maman et sur le fait qu’elle traine avec les garçons du village et qu’elle n’arrête pas de se faire courtiser, que ça va mal finir. Bref, elle active le scénario catastrophe de la déchéance sociale, de la walk of shame familiale si la rumeur continue à se répandre. Lorsque ma mère rentre à la maison un peu plus tard, ma grand-mère lui fait couper les cheveux à la garçonne de force.

Ma Maman, traumatisé par cet évènement dont les répercussions se font encore sentir à ce jour, engramme dans ses cellules et du même coup dans notre mémoire transgénérationnel “Si ma mère me touche les cheveux, il y a danger”. Et c’est ainsi que la génération d’après, Moi, ton humble serviteur, est un enfant incapable d’accueillir la caresse de sa Maman sur ses cheveux. Du moins, jusqu’à ce que je réalise le lien entre l’incapacité à supporter la main de ma mère sur mes cheveux et cet évènement traumatique issu de son adolescence et de son propre lien avec sa mère.

Dans ce cas, c’est la réalisation ou reconnaissance du lien de cause à effet qui a permis la libération. Et ça a été de l’ordre de l’instantané, on s’est vue quelques jours après et elle a pu me toucher les cheveux sans que je ressente le moindre inconfort.

C’est finalement un exemple assez trivial de ce mécanisme épigénétique, comme le poil de cochon, mais ça démontre tellement le potentiel de cet outil sur un chemin personnel. ça rejoint également ma vision selon laquelle nous possédons TOUT en nous, les problèmes mais aussi les solutions, les portes et les clefs. Et en ça, la psychogénéalogie comportementale est un fabuleux outil de décryptage que je prends grand plaisir à exercer et qui sera tout bientôt mis à ta disposition chez UNspriation.

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